La chronique de l'invité du mois : Les rencontres d'après minuit

La chronique de l’invité du mois : Les rencontres d’après minuit

Je ne suis pas un filmovore fou de cinéma, mais j’aime les beaux films même si je me laisse quelques fois emporter par des blogbusters faciles. Je vais rarement au cinéma, quelques fois le cinéma vient à moi. Quand on m’a demandé d’écrire un billet à propos d’un film, celui – ci s’est imposé à moi comme une évidence. Si je dois parler d’un seul film, c’est celui – ci.

L’année dernière est sorti « Les rencontres d’après minuit ». Je ne sais plus comment j’étais tombé sur la bande annonce mais j’ai accroché assez vite. Il y avait quelque chose d’étrange, comme il y a quelque chose de pourri au royaume du Danemark, qui m’a attiré de façon irrésistible. Il fallait que je le vois. Et puis il y avait J. dans ce film. Je l’avais rencontrée à Paris, 2 ans auparavant et c’était la première fois que je voyais quelqu’un que j’avais connu passer au cinéma. Nous nous sommes vus qu’une fois, nous ne sommes pas amis, mais peut être aurions nous pu l’être ou le serons nous un jour … Néanmoins retrouver dans un film quelqu’un rencontré au détour d’autres connaissances dans la vraie vie, c’est comme vivre le cinéma par procuration. De plus, ça me faisait plaisir de voir sa bouille sur grand écran.

Et puis il y avait ce titre mystérieux : « Les rencontres d’après minuit ». Sensible à la poésie, ce nom ne pouvait que me plaire, m’intriguer, m’inspirer, me faire rêver, me laisser imaginer tout ce qui peut se passer après minuit, quand un jour meurt et qu’un autre naît au milieu de la nuit sans que personne ne remarque rien. C’est à cette heure tardive que tout peut arriver, que les gens se rencontrent en laissant tomber leurs habits de jour pour leur tenues de nuit.

Emmitouflé d’un manteau d’obscurité, l’humain laisse parler une autre partie de lui, celle qui luit au fond de lui, une partie secrète pour qui l’ombre est le jour.

Et puis, il y avait aussi l’histoire … Une histoire de sexe, des histoires de sexes. Des invités, une partouze qui ne se fera jamais, comme ces dîners qui ne seront jamais mangés à cause de trop d’histoires de famille et de secrets révélés ; des âmes qui se rencontrent et se racontent, des rêves qui se disent et qui se vivent, des histoires intimes, tristes, sordides et des fables d’un autre temps. Ce sont des histoires de vie, et la mort, qu’elle soit petite ou grande, n’est jamais bien loin.

C’est un film – théâtre, un film bâtard, un huit clos autour du sexe de l’amour, du fantasme et du rêve. C’est un film sur la vie, pas la vraie vie et son quotidien pesant et chiant, mais un film sur la vie interne et onirique, un film qui parle à notre partie secrète. C’est un film qui me parle, qui me murmure au creux de l’oreille des mots que j’aurais voulu entendre.

Si « Les rencontres d’après minuit » était une chanson, il serait « Les nuits de pleine lune » d’Élie et Jackno.

Voilà, vous savez tout et vous ne savez rien, mais si vous décidez de le regarder, laissez vous porter par sa poésie, ne résistez pas, laissez lui vous chuchoter les mots doux que votre partie secrète rêve d’entendre.

Herr.Ektor

Note spéciale à la musique de M83 qui fait corps avec le film.