La chronique de l'invité du mois : Charlie

La chronique de l’invité du mois : Charlie

Bonjour (ou bonsoir) à vous chers internautes !
C’est un immense honneur pour moi que d’avoir le privilège de parler ici d’un long – métrage que j’ai particulièrement apprécié. Je remercie vivement Pierrette Tchernio !
Il s’agit de Charlie ou All Dogs Go To Heaven de Don Bluth. Sorti en 1989, un an après le tout aussi émouvant Le Petit Dinosaure et la vallée des merveilles du même réalisateur, dont je vous recommande également le visionnage.
Je l’ai vu à un âge relativement jeune, en VF donc. Mais je rassure tout de suite les plus sceptiques, la qualité de la VF est au rendez – vous et le casting familier pour tout amoureux de dessin animés.
J’espère que vous aimez les animaux et particulièrement les canidés. Oui ? Alors asseyez – vous confortablement, préparez les popcorn, un petit rafraîchissement et c’est parti !

La vie de co – propriétaire d’un casino en 1939.

C’est plongés dans le noir que nous prêtons l’oreille à deux voix masculines. Ces dernières parlent de creuser un tunnel. Après un astucieux jeu de lumières, nous comprenons alors que nous avons affaire à  deux chiens dont l’un est venu prêter main forte à l’évasion du second. Suite à une amusante scène traitant du daltonisme des chiens, ces derniers (dont on comprend très vite qu’ils ne sont ni des saints ni même les plus adroits qu’ait pu porter cette planète), sont dotés d’un karma à faire pâlir Lucky Luke. Comme tout bon évadé de fourrière, nos héros dirigent leurs pattes vers leur lieu de prédilection, chaleureux et familier : un casino.
Leur entrée se fait en pleine course de rats, mais l’ambiance n’est pas au beau fixe. Un joueur parle de trucage des courses et de reversement douteux des gains. Une gestion déloyale semble faire peser une ambiance morose. Une ode à la vie chantée par notre évadé Charlie et de son partenaire court sur pattes Gratouille ont pour but de rassurer la clientèle, elle renseigne aussi le spectateur sur les motivations et caractères des protagonistes.
Se tiennent fièrement face à nous deux gaillards qui ont pour credo de ne pas se laisser démonter par quoi que ce soit. Une belle leçon de vie.

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Après avoir ravivé l’enthousiasme des clients, Charlie décide de rendre visite à celui avec lequel il a fondé le casino, Carcasse. S’ensuit alors une série de scènes qui nous révèlent les réelles intentions de l’associé : éloigner, voire même éliminer Charlie, afin de récupérer le monopole des revenus en viande (car ici, les chiens payent en steaks). Justifiant le récent passé de taulard de Charlie, Carcasse le convainc de prendre ses distances, il se chargera de lui reverser sa part. Pour fêter l’heureux arrangement, Carcasse invite Charlie au carnaval et profite de la beuverie pour l’assassiner.
Notre molosse se retrouve instantanément au paradis, il y rencontre une jolie chienne faisant office de guide à travers cet endroit utopique où tout est prévisible, où tout est fait pour assurer la tranquillité des résidents.
Refusant cet éternel destin dépourvu du mordant de la surprise, Charlie dupe son guide et retourne sur terre. Respirant de nouveau la vie à plein poumons, il n’a plus qu’une idée en tête : accomplir sa vengeance en dérobant le bien le plus précieux de Carcasse : une fillette qui peut communiquer avec tous les animaux (à l’inverse de Disney, dans l’univers de Don Bluth, les diverses espèces ne peuvent se comprendre entre elles).

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Ndlr : Si seulement je pouvais comprendre pourquoi mon chat me mène une vie d’enfer alors qu’il est cajolé …

Des personnages hauts en couleur

La première fois que j’ai lu le scénario au dos de ma VHS, j’avais entre 9 et 10 ans, je pensais qu’il s’agissait d’un dessin animé  » pour les grands « . En effet cela ne ressemblait à aucun de ceux que j’avais vus jusque là. De plus, comment arriver à m’identifier à des animaux ?
Je peux vous dire que je n’ai pas été déçue du voyage. Les antagonistes sont aussi attachants que les protagonistes, on n’a cependant pas le temps de s’attacher aux personnages secondaires à l’exception d’Anne – Marie (la fillette, doublée par Alexandra Garijo), le film étant assez court (1h24).
Celle-ci  est mignonne, tendre, généreuse … Elle possède toutes les qualités que pourrait avoir une princesse. Mais contrairement à toutes celles de chez Disney, elle sait prendre les décisions les plus justes et son désir personnel vient toujours après les besoins des autres.
Le personnage de Carcasse est aussi méchant que drôle et son doubleur français (Claude Joseph, qui a notamment prêté sa voix à Sam le Pirate) est tout simplement parfait. Tellement parfait que je ne peux m’empêcher de me délecter devant la moindre contrariété qu’il rencontre, peut – être même d’avoir un élan de sympathie à l’égard de ce bouledogue mal léché !

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Mais pourquoi tant de malchance?

Oui, Charlie n’a quasiment eu aucun succès à sa sortie en salles. Pourquoi? J’ai revu ce film une bonne dizaine de fois et je n’ai à ce jour toujours pas trouvé la réponse.
Il faut dire qu’il est sorti en salles deux jours après La Petite Sirène, aïe ! Un chef – d’œuvre englouti par un véritable maelström … C’est vrai quoi, cette sirène rêve en grand, j’entends bien, mais pourquoi l’avoir laissée en vie ? Si Disney avait respecté l’œuvre originelle (et la mort de l’héroïne), l’histoire m’aurait parue plus réaliste. Oui, je sais, je suis un peu dure et je risque de me faire détester pour ce crime de lèse – majesté … Mais pour une fois que j’ai la chance de m’exprimer, je ne vais pas laisser passer une occasion d’houspiller un brin. :)
Revenons à nos chiens, Charlie a tout pour lui : il est coloré, il se veut réaliste tout en gardant un côté enfantin, la leçon de vie qu’il dégage est clairement établie.
Cependant, comme je l’ai dit plus haut, il aurait mérité d’être plus long, on peut avoir l’impression que certaines scènes ont été réalisées à la va – vite, que l’on passe de l’une à l’autre sans avoir le temps de reprendre son souffle.
Mais cela n’empêche pas qu’il mérite d’être regardé au moins une fois, seul ou en famille. Certaines scènes sont vraiment émouvantes et les chansons sont attendrissantes et entraînantes.
N’hésitez pas à y jeter un coup d’œil si vous aimez un peu le style de Don Bluth ou si vous souhaitez le découvrir.

Roulia Pelok