Misfits

Misfits

Il n’y a pas que les films dans la vie, il y a les séries aussi.

Dans le genre Super Délinquants : Misfits

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Imaginez – vous 5 plus vraiment adolescents mais pas encore tout à fait adultes (on me souffle dans l’oreillette qu’on appellerait ça des jeunes) Britanniques qui … Je sais ce que vous êtes en train de vous dire : Et voilà qu’elle revient encore avec une série anglaise sous le bras !

Qui puis – je si les showrunners Outre – Manche ont actuellement le vent en poupe !! Enfin, quand je dis actuellement, vu que la première saison de Misfits remonte à quelque 5 ans en arrière, on ne peut pas vraiment dire que je sois au top de l’actualité.

Avant que vous ne continuiez à grommeler (ne niez pas, je vous entends jusqu’ici) contre ma prétendue partialité en matière de séries britanniques, laissez – moi une chance de vous planter le décor.

Comme je vous le disais plus haut, 5 jeunes se trouvent obligés de se côtoyer afin d’effectuer leurs travaux d’intérêt général. Bien évidemment, ils n’ont absolument rien en commun.

Jusqu’ici, je vous l’accorde, rien d’extraordinaire. Voyons la suite.

Alors qu’ils étrennent leurs jolies combinaisons orange, un méchant orage les foudroie, révélant des super – pouvoirs tout neufs.

À ce stade de lecture, vous avez certainement levé un sourcil suspicieux. Des djeuns affublés de pouvoirs, ne serait – on pas en train de nous rejouer Heroes chez la perfide Albion ? Le thème du super – héros, l’adolescent fébrile qui grandit au fur et à mesure qu’il apprend à maîtriser ses nouvelles capacités, ça va, on connaît par cœur, ça commencerait même à nous râper un peu les melons …

Comme je vous comprends … Moi – même je n’en peux plus de tous ces encapés qui ne pensent qu’à sauver le monde. Sauf que Misfits, ça n’a rien à voir en fait.

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C’est surtout bien plus drôle, mal élevé et irrévérencieux.

Ici, les jeunes ne sont rien moins que des jeunes, qui ne pensent qu’à niquer à tout va, picoler autant qu’ils le peuvent, échapper dès que possible à leurs responsabilités et se mettre dans la mouise à la moindre occasion. Écrite par Howard Heverman (qui a bossé sur Merlin et Atlantis et s’éloigne ici de toute notion d’héroic fantasy), Misfits utilise le concept du super – héros pour en prendre le total contre pied, le moquer, en utiliser les codes pour mieux les détourner.

Tout est est traité au second degré, tout est pris en dérision (la société, les règles, l’autorité, les super – pouvoirs …), tout n’est que prétexte à offrir un terrain de jeu aux vannes et aux répliques fulguro – poing.

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Cela se cristallise notamment à travers le personnage de Nathan Young (Robert Sheeran pour l’état civil, l’espèce de grande asperge au milieu de l’image), qui représente l’un des plus grands réservoirs à punchlines* que le petit écran ait porté depuis longtemps. À ce propos, excusez – moi par avance pour le petit aparté que je m’apprête à faire mais je tenais à serrer dans mes bras tout aussi fort que virtuellement Messieurs – Dames les dialoguistes de Misfits, tant ces derniers jours je me suis réjouis de saillies aussi irrespectueuses que politiquement incorrectes, de propos salaces, de commentaires déplacés et à caractère très souvent pornographique, tant j’ai enrichi mon vocabulaire d’insultes diverses. Je vous le dis très solennellement : Merci.

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En plus de ses répliques bien senties, vous trouverez en Misfits un certain fond (avec l’instantané d’une jeunesse sans repère, un contexte social pas forcément rigolo), une galerie de personnages plutôt bien travaillée ( Kelly / Lauren Socha la “ shav’ “ à l’accent incompréhensible et au décolleté tout sauf timide, Simon / Iwan Rheon le psychopathe circonspect…) et une bande – son** qui réjouit carrément le tympan.

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Attention, je ne vous dis pas que Misfits soit la série la plus géniale de tous les temps, mais les 2 premières saisons méritent réellement qu’on s’y arrête dessus.

Au – delà, la mayonnaise retombe, du fait notamment du départ de personnages emblématiques (remplacés par d’ennuyeux copiés – collés) et de partis pris scénaristiques discutables.

En vous remerciant.

Pierrette Tchernio

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Livré en 5 saisons

* : Punchline, quoi qu’est – ce ? La punchline désigne une phrase choc, dégainée au bon moment. L’expression dérive de l’anglais (mais je sens que vous étiez sur la piste) où son usage originel est à rapprocher de celui de chute.

Comme une vidéo vaudra toujours tous les discours du monde, je vous laisse avec une petite leçon distillée par les garçons du Palmashow.

** : Rien que pour le plaisir d’entendre un extrait du super morceau des Raptures, voici le générique de la série.