Paterson ...

Paterson …

… ou comment prends donc ton temps camarade.

Je ne vais pas vous faire un nouveau laïus sur Jim Jarmusch, c’est acté maintenant, j’adore le bonhomme et ses films, pas la peine de revenir dessus (enfin, si vous y tenez vraiment, vous pouvez toujours faire un détour par ).

Les chances pour que je rate sa dernière production étaient donc particulièrement minces.

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Suivez – moi que je vous présente Paterson. Paterson, c’est tout d’abord une petite ville du New Jersey, pas la plus attrayante mais pas la plus moche non plus, une petite ville moyenne, comme il en existe des dizaines d’autres.

Mais Paterson, c’est aussi le patronyme de l’un de ses habitants, un mec tout ce qu’il y a de paisible, un type qui se partage entre son boulot de chauffeur de bus, les délires monochromes de sa petite amie, la jalousie du chien de cette dernière et son petit cahier, qu’il noircit tous les jours de poésie.

Paterson est un mec économe, aussi bien en mots (du moins en ceux qu’il prononce) qu’en action. Paterson est un gars qui observe, un contemplatif qui ne perd pas une miette de ce qu’il se passe autour de lui.

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J’évoquais il y a peu sur ma page facebook, les chansons – médecine qui revigorent et font du bien à l’âme. J’aimerais aborder avec vous aujourd’hui les films – couette* (qui ont, peu ou prou, la même fonction).

Comme je l’énonçais plus haut, pour nous aider à traverser cette nardine bebek de vie pas toujours des plus riantes, heureusement, les films – couette sont là pour nous. Je vous invite à en ajouter un supplémentaire à votre filmographie personnelle et à vous enrouler dedans. Car Paterson fait partie des longs métrages qui vous aideront à surmonter les jours de déprime, un de ceux qui vous permettra de relativiser quand Machin ou Machine aura perdu votre numéro de téléphone ou que votre patron vous aura mis une avoinée totalement imméritée (parce que d’abord c’est Jean – Marc qui avait eu l’idée).

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Paterson est un film douillet, moelleux, un film qui vous tiendra bien chaud. Il va vous inviter à vous arrêter, à prendre le temps (de vous réveiller en douceur entre les bras de votre bien – aimé(e), de sourire à l’écoute d’une conversation entre 2 inconnus, de marcher dans des lieux que vous connaissez par cœur et de les entrevoir sous un jour nouveau …). En un mot, Paterson est une éloge à la nonchalance, à l’observation, à la dégustation de l’instant présent.

Parce qu’il ne se passe rien dans le long – métrage (aucun immeuble qui explose, pas de train qui déraille ou de planète au bord de l’implosion nucléaire), cela ne veut pas dire qu’il ne se passe rien (hou p’tain, la meuf qui avait des concepts, le rien qui n’est pas rien !). Je m’explique : Paterson est émaillé d’un tas d’infimes choses auxquelles on ne prête pas attention d’ordinaire, de minuscules fragments que Jim Jarmusch prend la peine d’éclairer, au sens propre comme au figuré.

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Et ça, voyez – vous, ça fait un bien fou. Paterson c’est la petite musique du quotidien, beaucoup de poésie, l’apologie des petits trucs qu’on ne prend pas (plus ?) la peine de remarquer et qui, pourtant, sont drôlement indispensables **.

En vous remerciant.

Pierrette Tchernio

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En salle depuis le 21 décembre

* : ça marche aussi avec la peinture – plaid, la photo – aspirine … En gros, toute forme d’art qui rend heureux (et qu’on ne remerciera jamais assez d’exister).

** : Pour une fois, vous porterez à mon crédit que je n’en ai pas fait des caisses sur la performance des acteurs. Cependant, on ne peut enlever à Golshifteh Farahani sa grâce et son espièglerie. Même (surtout !) Adam Driver (dont je dois reconnaître que la tronche me revient moyennement) y est tout à fait juste.

L’info dont vous aviez peut – être connaissance : Jim Jarmusch est un garçon qui bien que dilettante (parce que je l’ai décrété) n’en reste pas moins productif, il sort à quelques mois d’intervalle 2 objets cinématographiques. On pourra aller voir le 1er février prochain son documentaire sur Iggy Pop (un autre sacré medecine man), Gimme Shelter.

C’est la 2eme fois que l’ami Jarmusch nous livre un documentaire sur une icône musicale, la première fois c’était avec Year of the Horse où il accompagnait Neil Young dans son processus créatif et en tournée (échange de bons procédés puisque Mister Young avait signé la BO de Dead Man).