Rogue One ...

Rogue One …

… Ou comment t’as encore paumé les clefs du Falcon Millenium ?

La rumeur frémissait, on en entendait parler depuis des mois (au moins depuis la sortie du dernier opus en date, Le Réveil de la Force), on avait du mal à échapper à la foultitude de trailers (mais on résistait, vaillamment, c’est notre petit côté Jedi), il est enfin sorti la semaine dernière, le très attendu Rogue One. Présenté comme le chaînon manquant entre l’épisode 3 et 4, il allait enfin nous dévoiler l’arrivée des plans de l’Étoile de la Mort dans la petite ferraille brinquebalante de R2D2*.

Sans être une spécialiste du l’univers étendu de la Force, sans avoir écrit une thèse sur « le pouvoir de la télékinésie : mythe ou réalité ? », j’ai toujours beaucoup aimé Star Wars (parce qu’un sabre laser et les vannes d’Han Solo, ben c’est trop cool quoi) (oui, j’ai des joies simples).

Personnellement, je partais à cette séance sans attente particulière. Bien sûr, au fond de moi, le jeune padawan qui sommeille espérait (dans son infinie et naïve croyance en l’espèce humaine) que le géant Disney n’écrabouillerait pas trop l’esprit chevaleresque d’une saga qui avait fait le bonheur de notre petite enfance. Il croisait même sincèrement les doigts pour ne pas assister à la livraison d’un produit sans saveur, basé seulement sur l’accroissement d’un compte en banque et la vente maximum de produits dérivés (vous me direz, un certain Georges L. y avait déjà pensé avant) (oui, mais c’était pas pareil).

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Si une (grosse) première partie du long – métrage ne m’a pas collé au fond de mon siège par son hallucinante créativité scénaristique, je me suis laissée gentiment embarquée. Un voyage comme celui – là, à la découverte d’une tripotée de planètes toutes plus exotiques les unes que les autres, mes bons amis, ça ne se refuse pas. Car oui, l’univers, les différents mondes, les peuplades qui les composent, sont tout simplement très beaux.

On ne peut également pas enlever la bonne foi de son réalisateur, Gareth Edwards, que l’on sent tout à fait sincère dans sa démarche (ce garçon a tout de même décidé de devenir réalisateur après avoir visionné Star Wars, ça ne s’invente pas). Côté technique, l’ami Gareth maîtrise son sujet, son passé d’animateur et de créateurs d’effets spéciaux n’y étant certainement pas pour rien.

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Si la direction d’acteurs reste classique, si le choix du casting est parfois un peu bancal (engager des mecs aussi brillants que Forest Whitaker ou Mads Mikkelsen pour leur donner des rôles épais comme du papier à cigarette et / ou totalement interchangeables, me fait l’effet d’un gâchis interstellaire …), Rogue One s’en tire tout de même avec les honneurs, notamment grâce à ses derniers 3 quart d’heures qui resteront, à mon humble avis, comme une sacrée leçon de baston dans l’espace et sur la terre ferme.

C’est épique à souhait, le décor de la planète finale est bien trouvé (car à contre pied du reste), les prises de vue sont tout bonnement incroyables, les perspectives à couper le souffle (chaque piqué de croiseurs est une invitation à dégobiller son pop corn), bref tout cela va vous donner envie de sauter dans le premier X-Wing venu et aller pulvériser cette saloperie d’Empire.

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Je ne vous parle pas de LA scène Darth Vaderienne, je m’en voudrais de vous dérober la moindre once du plaisir de la découverte. Sachez toutefois que vous n’aurez qu’un peu plus de déférence envers l’asthmatique le plus célèbre de la pop culture .

En vous remerciant.

Pierrette Tchernio

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En salle depuis le 14 décembre

* : Et à ce niveau – là aussi, Rogue One fait le job.

L’info qui sert à rien : j’aurais certainement pu vous assommer davantage en vous causant du robot K-2SO (une chouette nouvelle lecture du fidèle compagnon en fer blanc), du personnage de Chimrut Imwee (un samouraï aveugle qui voit – bien entendu !! – bien plus loin que tous le monde) ou de la valeur ajoutée de la 3D. Mais au bout d’un moment, il est bon d’abréger un blabla qui ne remplacera jamais le plaisir d’une bonne séance ciné !!

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