Alien Covenant ...

Alien Covenant …

… Ou comment dans l’espace … Enfin, vous connaissez la suite.

Je ne suis que moyennement amatrice de cinéma d’horreur. Il faut dire que plongée dans l’action, j’ai du mal à me dire que tout ce qui se déroule devant mes yeux n’est que farce et illusion. C’est tout bonnement impossible, je fais partie de cette team qui vit la chose à fond, au 1er degré le plus absolu*. Par conséquent, la peur, ce sentiment si détestable (et ne me dites pas le contraire, bande de psychopathes !!), me paralyse bien trop pour apprécier quoi que ce soit.

Ainsi, nombre de classiques restent de parfais inconnus à mes yeux (même si je me soigne**, je peux vous assurer qu’on vit très bien dans l’ignorance). Toutefois, il existe des exceptions. Des exceptions qui font que je comprends en quoi la trouille devient délicieuse et les monstres fascinants.

image

Faisons de rapides présentations. Cette photo de famille regroupe l’équipage du Covenant, vaisseau qui s’envole pour un long périple à travers le vide du cosmos, avec à son bord 2000 colons en partance vers un nouvel habitat.

Pendant que tout ce petit monde sera en hibernation, seul l’androïde Walter veillera au bon déroulement des opérations, secondé de Mother, l’ordinateur de bord.

Lors du voyage, une avarie oblige Walter à sortir l’équipage de son sommeil. Une fois les incendies éteints, les pertes humaines comptabilisées, une sortie dans l’espace s’impose pour quelques menues réparations. C’est ainsi qu’un résidu de communication, à l’évidence humain, est capté, émanant d’une planète toute proche. La curiosité est forte d’aller visiter le coin, d’autant qu’il pourrait faire un lieu de colonisation potentielle, bien moins éloigné que celui prévu originalement.

Le capitaine Oram, Daniels, Walter et quelques autres partent donc explorer l’endroit.

image

Est – ce – que vous me croyez si je vous dis qu’ils auraient bien mieux fait de tous se casser une patte plutôt que de poser un pied sur cette planète ?

Pour vous éviter toute déception face à Alien Covenant, j’aurais un conseil à vous prodiguer : oubliez l’Alien du titre et considérez simplement ce dernier long – métrage comme un trait d’union entre Prometheus et Le 8eme passager.

Ce que j’entends par là, c’est qu’Alien Covenant ne possède pas la même essence que son effroyable prédécesseur, il ne joue pas sur le même terrain (angoissants espaces confinés, terreur claustrophobique, lenteur assumée, noirceur visqueuse des décors …). Il n’est pas vraiment non plus dans une totale filiation du mystique Prometheus, ne misant pas comme lui sur une démesure et la beauté spectaculaire des décors.

image

Ici, on est dans un entre – deux, non dénué d’intérêt (on parle du petit dernier de Tonton Ridley quand même !), mais comme en toute situation d’entre – deux, on cherche parfois où caler son fessier, chose assez inconfortable vous en conviendrez.

J’aurais sincèrement aimé vous dire que j’avais adoré Alien Covenant, tant je m’étais préparée à le faire, tant je vénère ses précurseurs. Il faut pourtant être honnête, le film est un peu en dessous, s’appuyant sur des ressorts connus, pâtissant d’un rythme (trop ?) rapide qui ne lui convient pas vraiment (comment avoir de l’empathie pour des personnages qu’on a entrevu un 1/2 battement de paupière ?).

image

La déception est un peu difficile à digérer (on l’attendait depuis si longtemps !). Malgré tout, je crois qu’il faut rester confiant car Alien Covenant prendra certainement tout son sens quand la saga (tel que Ridley Scott l’entend) aura pris fin (l’homme a plus d’un tour dans son sac et le présente comme le 1er d’une nouvelle trilogie).

D’ici là, on se contentera de ce que sir Scott veut bien nous concéder. On ne boudera pas totalement notre plaisir, ne serait – ce que pour des créatures à la hauteur de la légende, plus agressives et rapides encore que par le passé. Et qui font encore plus de dégâts.

image

On atteint ainsi un nouveau stade de degueulassitude, les bêbêtes étant drôlement taquines concernant leurs points de sortie des corps qu’elles ont infestés (les amateurs de gore apprécieront).

Ce qui reste le plus fascinant dans Alien Covenant se situe dans le rôle de l’Androïde. Il a, comme dans toute la saga, une mission prépondérante dans le déroulé des événements. Ici (attention, petit spoiler, si vous ne voulez pas en savoir davantage, continuez donc votre lecture un peu plus bas, juste après la prochaine image) (je suis mignonne quand même, je vous avertis, t’as vu !), le conflit entre le toujours très ambivalent David et le presque trop humain Walter, est absolument passionnant. La double interprétation que livre Michael Fassbender va vous faire friser de la moustache, c’est moi qui vous le dit.

image

Et bien voilà, je pense vous avoir livré la plupart de mes ressentis en ce qui concerne Alien Covenant, le mieux maintenant reste à vous faire votre propre avis.

En vous remerciant.

Pierrette Tchernio

image

En salle depuis le 10 mai

L’info pas complètement inutile

Avant de vous lancer à l’assaut d’Alien Covenant, vous pouvez regarder les 3 courts suivants :

- Prologue : The crossing, voyagez avec David et Elizabeth Shaw jusqu’à la planète des Ingénieurs.

- Le dernier dîner , partagez le dernier repas avant la mise en sommeil de l’équipage du Covenant.

- Meet Walter, assistez aux 1er pas d’un troublant androïde.

* : Les 1eres expériences cinématographiques que l’on fait forgent l’individu spectateur qu’on deviendra. Pour ma part, mes premiers contacts avec le cinéma fantastique ont été préjudiciables à ma relation avec lui en tant qu’adulte.

À 6 ans, j’ai vu le clip de Thriller. J’en retirais la plus grande frousse de ma courte existence et des nuits d’insomnie. Quelques temps après, je tombais par hasard sur Les dents de la mer. À part l’incapacité A VIE de pouvoir me baigner ailleurs que dans 50 cm d’eau (mais je crois que je ne suis pas la seule dans ce cas), j’ai rêvé pendant des semaines de ce foutu requin, qui tentait de me croquer les meules. Vous rajouterez à cela le fait d’avoir entendu un extrait de l’horrible bande son de L’exorciste (traumatisme à vie, je suis dans l’incapacité de visionner une seule scène de possession depuis) et d’avoir des parents irresponsables qui m’ont embarqué à la séance du Nom de la rose (ne rigolez pas, j’étais en CM2 et le trauma a été dévastateur !).

** : Petit à petit, je progresse et j’apprends à canaliser mes terreurs enfantines (car c’est toujours dommage de se priver de pans entiers du cinéma, d’autant que le fantastique et l’horreur recèlent de véritables perles). C’est ainsi que grâce à l’aide de mon mentor (Big up ma couille ! Toi même tu sais !!), j’ai réussi à visionner sans m’évanouir The Shining, Massacre à la tronçonneuse et The thing.