Taboo

Taboo

Parce qu’il n’y a pas que les films dans la vie, il y a les séries aussi.

Dans le genre grognon shaman

Comme je vous l’exposais dans un précédent billet, je reviens timidement dans le giron de la Mère Série. Si j’utilise le terme timide, c’est tout à fait consciemment car ce n’est (malheureusement) pas Taboo qui me motivera à replonger dans le grand bain.

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Après avoir disparu une dizaine d’années sur le continent africain, James Keziah Delaney refait surface au moment des obsèques de son père. Dans le Londres de ce début du 19eme siècle, son retour provoque de nombreux remous. Ses manières brusques, les multiples tatouages qui couvrent son corps, son comportement asocial, ses accointances dangereuses déstabilisent une société bourgeoise qui rêverait de le voir disparaître à nouveau (en commençant par sa sœur, traumatisée par le retour de celui qu’elle voulait croyait mort).

Mais James n’en a cure car James est un gros rebelle qui a pour idée fixe de remettre la main sur la terre que son père lui a légué avant de mourir (un insignifiant lopin stratégiquement situé entre le Canada et les États – Unis, en plein sur la route de la Chine et son commerce du thé).

La Compagnie des Indes Orientales, le Prince Régent sont prêts à tout pour mettre le grappin sur le bout de caillou de Delaney Fils.

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Alors que la moité de Londres se ligue à l’autre pour éliminer l’irréductible aventurier, James Delaney échappe à tous les guet – apens, monte sa propre armada, se taperait bien sa sœur, fraye avec tous ce que les bas fonds peuvent compter de malfrats à gueule burinée, pratique des techniques de combat mieux qu’un membre du Mossad, s’acoquine avec une actrice de théâtre et une mère maquerelle, fabrique des explosifs, trempe dans un lac pour assouvir ses transes, descend du Brandy comme vous le lait – grenadine, est poursuivi par les démons de son passé et surtout, surtout, maugréé, marmonne* et grommelle plutôt que de bêtement s’exprimer avec des mots (pratique so 18eme).

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Bon, reprenons les choses dans l’ordre.

Cela faisait belle lurette que Tom Hardy avait l’intrigue de Taboo en tête, plusieurs années à vrai dire. Secondé à l’écriture par son papa (pourquoi pas !) et surtout par Steven Knight (l’homme à qui l’on doit Locke et les mauvais garçons de Peaky Blinders), épaulé à la production par un illustre inconnu (Ridley Scott, de son petit nom), vous imaginez à quel point par l’odeur alléchée je m’étais installée devant mon écran un joli soir de mai, me préparant à l’avènement d’une nouvelle série dans mon panthéon personnel.

Naïve spectatrice et tendre midinette que je suis …

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Taboo ne manque pas de gueule (ne serait – ce que pour celle, sacrément renfrognée de Tom Hardy, hu hu hu) (qui trouve d’ailleurs ici, un rôle taillé sur mesure). L’Angleterre de cette époque y est mise en valeur par une réalisation sombre, qui navigue entre les cloaques puants des rives de la Tamise et les intérieurs dont les riches décorations et les dorures élégantes sont magnifiées par la lueur gracile des chandeliers.

Taboo ne souffre pas non plus d’un casting de seconde zone. En plus donc de Tom “mâle alpha″ Hardy, on peut y trouver une ribambelle de très bons acteurs : le chouette Stephan Graham, le génial Jonathan Pryce (qui s’est déjà frotté à la série, il interprétait le grand moineau dans Game of Thrones), Franka Potente (Cours Lola Cours, vous vous souvenez ?), Marina Hands, Mark Gatiss (et oui, l’un des papas de Sherlock) à qui l’on attribue (désespoir) un rôle hyper caricatural (comme c’est également le cas pour la d’ordinaire beaucoup plus subtile Oona Chaplin, qui n’a su représenter l’effroi et le mal – être de son personnage qu’à constant renfort d’yeux exorbités et d’air effaré) (vive les crampes aux maxillaires).

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Maaaaaaaaan Dieu !! Quel est donc que ce courant d’air glacé que je sens sur ma nuque délicate ? Certainement le retour d’un fantôme du passé !!

Rapidement on se perd dans une intrigue labyrinthique, où il devient difficile de démêler le rôle des différents protagonistes, tout comme les tenants et aboutissants. Delaney fils se sort de chaque piège par des stratagèmes dignes d’un David Copperfield, une pointe de surnaturel (plutôt esthétique, il faut bien le reconnaître) mais totalement superflue parasite une intrigue déjà bien riche si vous voulez mon avis.

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Je crois que ton TomTom et son paternel ont voulu mettre trop de choses dans cette histoire. C’est un peu dommage et vaguement frustrant. Mais n’en faisons pas un fromage, la course du monde a bien mieux à faire que de se pencher sur ce genre de considération.

En vous remerciant.

Pierrette Tchernio

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1 saison disponible, une 2eme est déjà sur les rails, vous pensez bien.

* : Figurez – vous que cette technique porte le doux nom de “mumble acting” (pour parfaire votre connaissance en la matière, vous pouvez jeter un coup d’oeil à l’article de Kombini). S’il paraît que l’ami Tom Hardy n’en possède pas la paternité, elle fait partie de son jeu depuis longtemps (et il la pratique comme personne). Pour vous en convaincre, un petit florilège de grognements :

Perso, je suis fan.