The Handmaid's Tale

The Handmaid’s Tale

Parce qu’il n’y a pas que les films dans la vie, il y a les séries aussi.

Dans le genre société idéale

En voilà un titre bien compliqué … Je vous l’accorde volontiers. Pour l’avoir prononcé un nombre considérable de fois ces dernières semaines, je me suis souvent pris les pieds dans le tapis (The handmaid’s quoi ??).

Si j’ai aussi souvent écorché The handmaid’s tale (dont le titre français, La servante écarlate, est bien plus praticable pour nos hexagonales langues), c’est parce que j’ai beaucoup, mais alors beaucoup aimé cette série. Par conséquent, j’en ai causé dès que j’ai pu trouver un interlocuteur un tant soit peu intéressé. C’est à votre tour aujourd’hui.

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Tout d’abord, je vous présente Offred, l’héroïne de notre histoire. Pourquoi cette coiffe immaculée ? Elle est amish peut – être ? … Et cette cape cramoisie ? Délire de créateur ? Vénération de la couleur rouge (comme toutes ses copines derrière elles) ?

Non. Bien sûr que non. Offred (drôle de prénom qu’Offred …) est une servante, elle a pour fonction d’engendrer les enfants que ses contemporains ne sont plus en capacité de procréer.

En effet, pour son grand malheur, Offred fait partie des femmes encore fertiles dans une société où les maternités sont devenues quasiment silencieuses. Elle est donc envoyée chez le Commandant pour mener à bien sa mission.

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Je ne voudrais pas trop vous en dévoiler sur The handmaid’s tale, je sens pourtant que si je vous lâche avec aussi peu d’éléments, cela ne vous donnera pas forcément envie de la regarder (et ce serait trop dommage !).

The handmaid’s tale est adapté d’un livre de Margaret Atwood, une romancière connue pour ses romans de science fiction explorant les dystopies. Par définition, le monde dans lequel évolue Offred n’a rien d’un paisible parcours de santé.

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Dans une société semblable à celle que nous connaissons, un groupe de fondamentalistes religieux a réussi à renverser le congrès américain et à balayer la constitution avant de s’emparer du pouvoir, l’exerçant d’une poigne de fer. Proche d’une atmosphère à la 1984 (la population est surveillée par une police secrète, Les Yeux), les États – Unis sont laminés par la guerre civile, les opposants au régime (tout comme les homosexuels) (cela vous rappelle d’autres temps glorieux ?) ont été envoyés dans les colonies.

Les femmes n’ont plus le droit de travailler, d’avoir un compte en banque ni même de lire. Elles sont, selon leur potentialité, placées dans des catégories et affublées de code couleur : Femme de Commandant (habillée en vert, elles sont l’équivalent de la petite bourgeoisie), Martha (en marron, elles sont dévolues aux tâches domestiques) et Servantes (comme Offred, habillée d’écarlate, je crois que vous avez compris le sens de leur mission).

Pour cela, elles sont formées dans les Red Center. Là, elles apprennent à mener à bien leur devoir à l’aide des Tantes (la dernière mais pas la moindre des catégories),

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tout en évitant soigneusement la moindre tentative de rébellion ou d’évasion (à moins qu’elles ne souhaitent goûter du taser et autres sympathiques objets de torture).

Voilà, à présent vous en connaissez suffisamment pour pouvoir vous attaquer à cette série formidablement bien écrite, autant au niveau du développement des personnages, que des liens qui les lient ou l’univers dans lequel ils évoluent. The handmaid’s tale, c’est également une esthétique magnifique, qui frôle parfois l’hyper stylisation sans qu’heureusement, celle – ci ne prenne le dessus.

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La plupart du temps, on se retrouve glacé par ce qui se déroule sous nos yeux (tant cela paraît crédible, tant cela paraît possiblement réalisable en ces périodes de crises économiques et idéologiques …). Suivre le quotidien d’Offred (notamment ce qu’elle doit subir pour survivre), à fortiori lorsqu’on est une femme, s’avère souvent insupportable …

La grande performance d’Elisabeth Moss n’y est évidemment pas pour rien, elle qui sait toujours choisir ses rôles avec parcimonie et intransigeance (je vous invite à vous (re)pencher sur ses performances dans Mad Men et Top of the Lake). Ici encore son interprétation est d’une intensité rare. Joseph Fiennes et Yvonne Strahovski n’y sont pas mal non plus, du moins lorsqu’on affectionne les psychopathes.

Même si ce que je vous propose n’a rien d’une gentille promenade, je vous invite pourtant à vous plonger sans attendre dans le monde de cette servante écarlate.

En vous remerciant.

Pierrette Tchernio

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Une saison vient d’être diffusée, il faudra faire preuve d’un peu de patience pour visionner la suivante.

L’info qui sert à rien :

Avant d’être adaptée en série, The handmaid’s tale a été transposée au cinéma par Volker Schlöndorff dans les années 90, avec Faye Dunaway et Robert Duvall dans les rôles titres et Harold Pinter au scénario. Vous en aviez entendu parler vous ?

Sinon, pour promouvoir le lancement de la série, la chaîne de streaming américaine Hulu a eu la bonne idée d’envoyer des dizaines de jeunes filles écarlates et silencieuses, se balader dans les rues de L.A. Effet choc garanti.

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